La Tunisie gagne cinq rangs dans le Global Innovation Index 2026 : elle se classe désormais à la 71e place parmi 139 économies, avec un score de 29,3 points, contre la 76e en 2025. Ce progrès confirme le potentiel du pays en matière d’innovation, porté notamment par ses diplômés scientifiques, la recherche scientifique et des exportations de produits de haute technologie. À l’échelle africaine, la Tunisie arrive au quatrième rang, derrière Maurice, l’Afrique du Sud et le Maroc.
Le bilan de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI) met toutefois en évidence un contraste : les compétences et les résultats académiques ne se traduisent pas encore suffisamment en innovation commerciale. L’environnement des affaires et la participation des entreprises à la recherche-développement restent des points faibles. Pour transformer cette progression dans le classement mondial en développement technologique et en progrès économique durables, l’enjeu sera de mieux relier talents, laboratoires, investissements et marché, au bénéfice de la compétitivité tunisienne.
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ToggleLa Tunisie gagne cinq places dans le classement mondial de l’innovation
La 19e édition de l’Indice mondial de l’innovation place la Tunisie au 71e rang sur 139 économies. Son score atteint 29,3 points, après une progression de cinq positions en un an et de dix places par rapport à 2024, selon les données communiquées pour le classement.
Sur le continent africain, le pays se situe en quatrième position, derrière Maurice, l’Afrique du Sud et le Maroc. Il devance notamment l’Égypte, le Rwanda, le Kenya, le Ghana et le Sénégal. Ce rang donne une indication de sa position relative, mais ne signifie pas que les performances sont homogènes dans tous les domaines évalués.
| Indicateur | Résultat de la Tunisie |
|---|---|
| Classement mondial en 2026 | 71e sur 139 économies |
| Score | 29,3 points |
| Évolution depuis 2025 | Gain de cinq places |
| Rang en Afrique | 4e, derrière Maurice, l’Afrique du Sud et le Maroc |
Le classement agrège des indicateurs variés : il mesure à la fois les ressources mobilisées pour innover et les résultats obtenus. La progression tunisienne est donc un signal encourageant, mais elle doit être lue à la lumière des écarts entre les atouts scientifiques du pays et leur conversion en nouvelles activités économiques.
Recherche scientifique et talents : les principaux atouts tunisiens
Le capital humain et la recherche constituent l’un des points forts relevés par l’OMPI : la Tunisie occupe le 45e rang dans ce domaine. Elle se distingue particulièrement par la proportion de diplômés en sciences et en ingénierie, où elle se classe première, ainsi que par sa production scientifique, classée 12e.
Ces compétences peuvent soutenir le développement technologique dans des secteurs comme la santé, l’agriculture ou les services numériques, à condition que les travaux de recherche trouvent des débouchés concrets. Les initiatives consacrées à l’intelligence artificielle en Tunisie illustrent les domaines où les savoir-faire numériques peuvent répondre à des besoins économiques et sociaux.
Pour rendre l’enjeu plus concret, imaginons une jeune équipe issue d’un laboratoire tunisien qui développe un outil de diagnostic agricole. La qualité scientifique du prototype ne suffit pas : il lui faut aussi des partenaires, des financements et un accès au marché pour devenir une solution utilisée à grande échelle. Le défi est de faire circuler les connaissances entre les laboratoires et les entreprises.
Des résultats scientifiques à mieux valoriser
La 12e place en production scientifique témoigne d’une capacité de recherche qui peut alimenter de nouveaux produits, procédés et services. Pourtant, publier des travaux ou former des spécialistes ne garantit pas, à lui seul, la création d’entreprises innovantes ni la commercialisation de technologies locales.
Le lien entre compétences et activité économique concerne aussi l’accès des femmes aux métiers technologiques et aux postes de décision. Les parcours mis en lumière dans le secteur des TIC, comme ceux évoqués dans cet article sur les femmes tunisiennes dans les technologies de l’information, rappellent que la diversité des talents compte dans la solidité d’un écosystème entrepreneurial.
Des échanges réguliers entre chercheurs, entreprises et investisseurs peuvent faciliter le passage de l’idée au produit. Cette étape est déterminante pour que les compétences scientifiques se traduisent par une création technologique plus importante et des activités à plus forte valeur ajoutée.
Exportations de haute technologie et investissement : des signes encourageants
La Tunisie se classe au 38e rang pour ses exportations de produits de haute technologie. Elle atteint également la 18e place pour les investissements en R&D de pointe et les investissements directs étrangers dans les technologies avancées, deux indicateurs qui reflètent sa capacité à attirer ou à développer des activités technologiques.
Ces performances suggèrent qu’une économie relativement diversifiée peut s’appuyer sur ses compétences pour participer à des chaînes de production plus spécialisées. Mais les exportations ne deviennent un moteur durable de compétitivité que si les entreprises locales peuvent innover, augmenter la valeur de leurs produits et conserver une part importante des retombées économiques.
À cet égard, les rendez-vous sectoriels peuvent rapprocher les acteurs industriels, les porteurs de projets et les partenaires financiers. L’initiative Innovation Industry Tunis 2026 s’inscrit dans cette logique de mise en relation autour de l’industrie et de l’innovation.
Un nouvel indicateur pour suivre les technologies de pointe
L’édition 2026 introduit un indicateur consacré à la R&D dans des domaines novateurs et aux investissements directs étrangers dans les technologies de pointe. Il s’appuie sur les projets d’investissement annoncés, afin de mieux prendre en compte les orientations émergentes de l’activité économique.
Cette nouveauté complète un ensemble d’environ 80 indicateurs couvrant notamment la recherche-développement, le commerce de produits de haute technologie, l’emploi qualifié et les licences de propriété intellectuelle. Le classement ne se limite donc pas aux découvertes scientifiques : il cherche aussi à mesurer la capacité d’une économie à convertir ses ressources en résultats.
Pour les décideurs et les entreprises, l’intérêt de ces données tient surtout à leur usage : repérer les domaines où les investissements produisent des effets, puis ajuster les politiques publiques et les stratégies industrielles en conséquence.
Environnement des affaires : le principal frein à la progression
Malgré ses résultats en matière de formation et de recherche, la Tunisie reste pénalisée par un environnement d’affaires jugé peu dynamique : elle se situe au 124e rang pour cet indicateur. La participation du secteur privé à la R&D et les liens des entreprises avec l’innovation constituent un autre point de vigilance, avec un classement au 112e rang.
Ces écarts peuvent compliquer le financement de projets risqués, le recrutement de chercheurs par les entreprises ou la mise sur le marché de technologies développées localement. Une start-up peut disposer d’une expertise solide, mais rencontrer des difficultés pour trouver des investisseurs, nouer des partenariats industriels ou accéder à ses premiers clients.
Le rapport met ainsi en lumière un enjeu de connexion autant qu’un enjeu de ressources. Renforcer l’écosystème entrepreneurial suppose de rendre les collaborations entre universités et entreprises plus opérationnelles, et de créer des conditions favorables à l’investissement privé dans les activités innovantes.
Les leviers pour convertir les compétences en valeur économique
Pour prolonger la progression, l’étape suivante consiste à relier plus efficacement les talents, la recherche scientifique et les capacités d’exportation aux entreprises, aux capitaux et à la commercialisation. Les mesures les plus utiles sont celles qui lèvent des obstacles concrets au développement d’un projet, de la validation du prototype à sa vente.
- Multiplier les partenariats de recherche entre établissements scientifiques et entreprises, afin que les travaux répondent aussi à des besoins industriels identifiés.
- Faciliter le financement de la R&D privée, en particulier pour les jeunes sociétés qui développent des technologies à fort potentiel.
- Accompagner la commercialisation des innovations, de la propriété intellectuelle aux premiers contrats et aux marchés d’exportation.
- Renforcer les liens entre innovation et industrie, pour que les entreprises tunisiennes puissent intégrer des procédés et des produits à plus forte valeur ajoutée.
Ces leviers se renforcent mutuellement : une recherche mieux connectée aux besoins du marché peut attirer des investissements, tandis que des entreprises innovantes offrent de nouveaux débouchés aux diplômés. La prochaine marche ne dépend donc pas seulement de la qualité des idées, mais de la capacité à les transformer en activité durable.
Un indice de référence pour orienter les politiques d’innovation
Publié depuis 2007, l’Indice mondial de l’innovation est devenu un outil de référence pour comparer les performances des économies et éclairer les décisions publiques. Il aide les gouvernements, les chefs d’entreprise et les acteurs de la recherche à examiner les différents facteurs qui soutiennent l’innovation.
Son utilité dépend toutefois de la manière dont les résultats sont exploités. Dans l’enquête menée par l’OMPI sur la période 2025-2026, 93 des 120 États membres ayant répondu, soit 78 %, ont indiqué utiliser l’indice pour améliorer leurs politiques et leurs données liées à l’innovation.
Pour la Tunisie, le classement fournit donc à la fois un repère et une feuille de lecture : ses talents scientifiques et ses exportations technologiques sont des bases solides, tandis que l’environnement des affaires et les investissements privés appellent des efforts supplémentaires. Le progrès économique dépendra de la capacité à faire converger ces dimensions.
Questions fréquentes sur le classement de la Tunisie
Quelle place la Tunisie occupe-t-elle dans le classement mondial de l’innovation en 2026 ?
La Tunisie se classe au 71e rang parmi 139 économies, avec un score de 29,3 points. Elle gagne cinq places par rapport à 2025.
Quel est le rang de la Tunisie en Afrique ?
La Tunisie occupe le quatrième rang africain, derrière Maurice, l’Afrique du Sud et le Maroc.
Quels sont les principaux atouts de la Tunisie en matière d’innovation ?
Ses points forts comprennent les diplômés en sciences et en ingénierie, sa production scientifique, les exportations de haute technologie ainsi que les investissements en R&D de pointe et dans les technologies avancées.
Quels freins limitent davantage la progression tunisienne ?
Le rapport souligne la faiblesse de l’environnement des affaires et une participation encore insuffisante du secteur privé à la recherche-développement et aux liens avec l’innovation.