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EN BREF
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L’éditeur canadien Les Éditions du Boréal affirme avoir découvert des traces de balises liées à l’intelligence artificielle dans les métadonnées de certains documents de travail de C’était ça ou mourir. Cette analyse, menée après les dénégations de Thélyson Orélien, a conduit la maison à rompre avec l’auteur et à annoncer qu’elle ne réimprimerait pas le roman. Elle ne permet toutefois pas de déterminer précisément dans quelle mesure l’IA a contribué à son écriture.
Le 21 octobre 2026, Les Éditions du Boréal a rendu publiques les conclusions d’une vérification portant sur le processus de création du roman. L’affaire avait pris de l’ampleur après des accusations d’utilisation de l’IA, alors que le livre était en vue de plusieurs prix. Thélyson Orélien avait auparavant nié avoir fait appel à une machine pour écrire son texte.
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ToggleDes traces repérées dans les métadonnées des fichiers
Pour examiner les accusations, l’éditeur indique avoir rassemblé les différentes versions de travail du roman et commandé une analyse externe approfondie. Selon son communiqué, les résultats ont révélé des traces de balises d’IA dans les métadonnées de certains documents.
Les métadonnées sont des informations associées à un fichier numérique. Elles peuvent notamment renseigner sur ses propriétés ou son historique de traitement. Dans ce dossier, l’éditeur ne précise ni la nature détaillée des balises repérées ni la méthode technique employée pour les analyser. Il indique surtout que ces éléments ne permettent pas d’établir quelle part du roman aurait été rédigée ou remaniée à l’aide d’une IA.
Une enquête qui ne permet pas de mesurer l’ampleur de l’usage
La présence de traces dans certains fichiers constitue, selon le Boréal, un élément suffisamment important pour mettre fin à sa collaboration avec l’écrivain. Elle ne fournit cependant pas une mesure quantifiable de l’intervention de l’IA dans le texte final. L’éditeur reconnaît qu’il est impossible de déterminer précisément comment l’outil a été utilisé au cours du processus d’écriture.
La maison d’édition explique avoir cherché à documenter le travail de création afin de répondre aux soupçons. Elle ajoute que l’auteur a refusé de transmettre des éléments supplémentaires lorsque les premières vérifications n’ont pas permis de trancher clairement. Le communiqué ne détaille pas les documents demandés ni les échanges intervenus entre l’auteur et l’éditeur.
Une rupture éditoriale après les dénégations de l’auteur
Avant la publication des résultats, le Boréal avait longtemps soutenu Thélyson Orélien, qui lui avait assuré ne pas avoir utilisé l’intelligence artificielle. À la suite de la découverte des balises, l’éditeur a annoncé qu’il ne réimprimerait pas C’était ça ou mourir et ne publierait aucun autre livre de l’auteur.
Thélyson Orélien n’avait pas réagi au communiqué au moment où il a été publié. Dans une déclaration antérieure à Libération, le 22 septembre 2026, il avait défendu son attachement à la création et à l’écriture, rejetant l’idée d’avoir confié son travail à une machine.
Des accusations de plagiat également reconnues
La controverse sur l’IA s’est ajoutée à des accusations de plagiat concernant d’anciens textes de l’écrivain. Le 13 octobre 2026, dans un texte transmis à l’AFP, Thélyson Orélien avait reconnu des « erreurs inacceptables » et présenté ses excuses sans réserve.
Ces deux volets soulèvent des questions distinctes : les accusations de plagiat portent sur la reprise de textes, tandis que l’analyse des documents de travail concerne l’usage possible d’outils d’IA et les traces laissées dans des fichiers. Les éléments rendus publics par l’éditeur établissent sa décision et les résultats qu’il dit avoir obtenus, sans permettre de reconstituer précisément la rédaction du roman.
Les maisons d’édition face à la question de l’IA
Le Boréal affirme vouloir contribuer à la réflexion sur la place de l’intelligence artificielle en littérature. L’affaire met en évidence les difficultés de vérification auxquelles les éditeurs peuvent être confrontés : analyser des fichiers de travail peut apporter des indices, mais ces indices ne suffisent pas nécessairement à établir l’ampleur de l’intervention d’un outil dans un manuscrit.
La maison a également appelé à la retenue et demandé que cessent les attaques personnelles contre l’auteur, rappelant que la polémique concerne aussi une personne. À la date de son communiqué, elle n’avait pas fourni d’estimation de la part du roman attribuable à l’IA et indiquait ne pas pouvoir la déterminer.