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EN BREF
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Donald Trump veut imposer l’expression « super-intelligence » dans les communications de l’administration américaine et a qualifié d’« ennemi » quiconque continuerait à parler d’intelligence artificielle. Cette directive ne bannit pas le terme dans l’ensemble de la société, mais elle relance le débat sur le rôle du vocabulaire dans l’acceptation d’une technologie dont les capacités, les usages et les risques évoluent rapidement.
Sommaire
ToggleUne nouvelle appellation dans les communications fédérales
Le président américain souhaite remplacer le terme « intelligence artificielle » par « super-intelligence » dans les prises de parole et documents du gouvernement fédéral. Il a défendu ce choix en affirmant que le mot « artificielle » pouvait donner l’impression d’une intelligence factice, tandis que « super » lui paraît plus valorisant. Un décret a ensuite donné une portée administrative à cette préférence terminologique.
Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a présenté les personnes qui refuseraient ce changement de vocabulaire comme des « ennemis » de la Maison Blanche, sans détailler les conséquences concrètes de cette déclaration. La mesure concerne les communications de l’administration : elle ne contraint pas, à elle seule, les entreprises privées, les médias ou les chercheurs à abandonner le terme historique.
Un changement de nom qui ne modifie pas la technologie
Sur le plan technique, cette initiative ne change ni les modèles, ni les données utilisées pour les entraîner, ni leurs capacités. L’expression intelligence artificielle désigne un vaste ensemble de méthodes informatiques, allant de systèmes spécialisés à des modèles génératifs capables de produire du texte, des images ou du code. « Super-intelligence », en revanche, évoque généralement une hypothétique intelligence dépassant les capacités humaines dans de nombreux domaines. Elle ne correspond pas à une catégorie technique normalisée et reconnue par l’ensemble de la communauté scientifique.
Le terme « intelligence artificielle » remonte à 1956, lorsqu’il fut retenu pour rassembler plusieurs disciplines autour de recherches visant à faire accomplir aux ordinateurs des tâches associées à l’intelligence humaine. Malgré son caractère général, cette appellation s’est enracinée dans la recherche, l’industrie et les politiques publiques. Son remplacement dans les documents officiels ne suffirait donc pas à modifier les usages courants ni les classifications scientifiques.
Un pari de communication face aux inquiétudes du public
Le mot « super » peut renforcer les craintes
Des spécialistes estiment que le nouveau terme risque de produire l’effet inverse de celui recherché. Si une partie du public associe déjà l’IA à des risques pour l’emploi, la sécurité ou la vie privée, le préfixe « super » peut suggérer une technologie encore plus puissante et difficile à contrôler. Il laisse entendre que les systèmes pourraient dépasser l’intelligence humaine, une interprétation qui ne décrit pas nécessairement les outils actuellement déployés.
Le débat intervient alors que les inquiétudes portent aussi sur les conséquences matérielles du secteur : automatisation de certaines tâches, fiabilité des résultats, consommation d’énergie et implantation de grands centres de données. Dans ce contexte, un changement d’étiquette ne répond pas aux questions de fond concernant la transparence, la responsabilité des concepteurs ou la protection des utilisateurs.
Une adoption variable selon les entreprises
La directive de la Maison Blanche ne s’impose pas aux sociétés privées. Certaines entreprises et personnalités du secteur ont toutefois repris l’expression « super-intelligence » dans leurs communications, tandis que d’autres continuent d’utiliser les termes établis. Pour les acteurs qui travaillent avec l’administration, adopter la terminologie officielle peut relever d’un choix pragmatique, sans signifier qu’ils partagent pleinement sa définition.
Les usages de l’IA dépassent largement le domaine des assistants conversationnels. Des applications sont étudiées dans l’industrie, les transports et la défense, comme l’illustre cet article sur un F-16 expérimentant le pilotage par intelligence artificielle. La diversité de ces systèmes rend d’autant plus délicate l’utilisation d’une expression unique qui pourrait laisser croire qu’ils possèdent tous le même degré d’autonomie ou de capacité.
Des enjeux qui dépassent la terminologie américaine
Réglementer les systèmes plutôt que les mots
Pour les pouvoirs publics, l’enjeu central reste de définir des règles adaptées aux risques et aux usages : exigences de sécurité, contrôle humain, gestion des données et responsabilités en cas de dommage. En Europe, les discussions sur le cadre réglementaire montrent que la question porte moins sur le nom de la technologie que sur les conditions de son développement et de son déploiement. Le débat est approfondi dans cet article consacré à la capacité de l’Europe à encadrer sérieusement l’intelligence artificielle.
Les investissements industriels illustrent également l’importance de distinguer les annonces, les infrastructures et les applications concrètes. Un projet européen lié à l’IA, attribué à une usine du Maine-et-Loire, est présenté dans cet article sur un projet annoncé à 388 millions d’euros. Quel que soit le vocabulaire retenu dans les communications politiques, l’évaluation technique dépendra notamment des objectifs du projet, des systèmes concernés et de leurs conditions d’utilisation.
Des applications déjà présentes dans plusieurs secteurs
Dans l’automobile, l’intelligence artificielle est associée à des travaux sur les véhicules électriques, l’automatisation et les systèmes embarqués. Le sujet est abordé dans un épisode consacré à l’IA et à la concurrence autour des voitures électriques. Là encore, parler de « super-intelligence » ne précise ni le niveau d’autonomie des dispositifs ni leur aptitude à prendre des décisions sans intervention humaine.
Les outils génératifs soulèvent, eux, des questions de transparence et d’attribution. La controverse autour d’un auteur primé soupçonné d’avoir utilisé un modèle pour écrire une nouvelle montre que les débats touchent aussi à la création culturelle et aux règles de divulgation. Cet exemple est détaillé dans l’article consacré au lauréat littéraire soupçonné d’avoir recouru à l’intelligence artificielle.