À Kerloï, à Ploudaniel dans le Finistère, la station de création variétale de Bretagne Plants Innovation franchit une étape importante avec une serre entièrement renouvelée. Engagés le 15 juillet 2025, les travaux ont remplacé une structure datant des années 1970 par un équipement plus vaste, conçu pour accroître les capacités de sélection et améliorer les conditions de travail des équipes.
La nouvelle installation, dont la surface passe de 1 000 à 1 500 m², a accueilli ses premiers semis au printemps suivant. Elle doit permettre d’en réaliser jusqu’à 100 000 par an, contre 65 000 auparavant. Pour la filière bretonne, l’enjeu dépasse le seul agrandissement : il s’agit de développer des plants de pomme de terre capables de mieux répondre aux maladies et à des conditions climatiques changeantes, tout en renforçant la production végétale régionale.
Inaugurés le 16 septembre en présence des producteurs, des élus, des partenaires et des salariés, les nouveaux locaux représentent un investissement de 1,6 million d’euros, soutenu par le conseil régional et le département. Ils s’inscrivent dans une démarche d’innovation agricole au service de la culture de plants et de l’agriculture bretonne. À Kerloï, la modernisation de la serre donne ainsi davantage de moyens pour préparer les variétés de demain.
Sommaire
ToggleUne serre agrandie pour accélérer la sélection de la pomme de terre
En passant de 65 000 à 100 000 semis annuels, la station pourra étudier un éventail plus large de descendants issus de ses croisements. Cette capacité supplémentaire doit aussi contribuer à faire progresser le rythme des inscriptions : l’objectif est de passer d’environ deux à trois nouvelles variétés par an.
Les opérations ont toutefois nécessité de composer avec quelques aléas et retards. Malgré cela, les premiers semis ont pu être réalisés dès le mois de mars suivant le lancement du chantier, signe que le nouvel outil est entré en service rapidement après sa construction.
Des équipements conçus pour les croisements et les essais
La serre comprend deux espaces complémentaires. Dans la serre géniteur, les plants sont conduits jusqu’à la floraison afin que les équipes réalisent des croisements manuels, puis récoltent les baies et les graines destinées aux générations suivantes.
Les équipements agricoles ont également été modernisés : l’irrigation, la fertilisation et les traitements phytosanitaires sont désormais automatisés. La halle technique a doublé de surface pour atteindre 500 m², tandis qu’un local phytosanitaire adapté complète les installations. Ces aménagements facilitent les interventions et offrent un cadre plus fonctionnel aux opérations de sélection.
| Équipement ou capacité | Situation précédente | Nouvelle installation |
|---|---|---|
| Surface de la serre | 1 000 m² | 1 500 m² |
| Semis annuels possibles | 65 000 | Jusqu’à 100 000 |
| Halle technique | 250 m² | 500 m² |
| Variétés inscrites en moyenne chaque année | Deux | Objectif de trois |
| Investissement global | — | 1,6 M€ |
Laboratoire et espaces rénovés pour accompagner les équipes
Le chantier a aussi transformé le bâtiment attenant. Un laboratoire, des sanitaires, une pièce de vie, une salle de réunion et des bureaux ont été aménagés ou rénovés afin d’offrir plus d’espace aux collaborateurs.
Le laboratoire joue un rôle concret dans le parcours de sélection : les équipes y réalisent des tests culinaires sur les hybrides les plus prometteurs. Un local consacré à la préparation des croisements a également été créé près de la serre géniteur pour contrôler la qualité des pollens. Pour un hybride, ces étapes permettent de passer de l’observation au champ à une évaluation plus complète de ses qualités.
Des espaces de travail adaptés à la création variétale
Selon Jean-Yves Abgrall, directeur de Bretagne Plants Innovation, l’aménagement a été pensé pour rendre le travail quotidien plus fluide et confortable. La proximité entre serre, laboratoire et zones de préparation permet de mieux organiser les différentes étapes, du croisement à l’évaluation des hybrides.
Cette organisation est importante pour une activité où les observations s’accumulent au fil des générations. Une variété potentielle doit être examinée sous plusieurs angles, de sa résistance aux bioagresseurs à son comportement agronomique et culinaire : les nouveaux locaux soutiennent ce travail de longue haleine.
Résister au climat et aux bioagresseurs : les priorités de la filière
Pour Dominique Morvan, président de Bretagne Plants, le changement climatique et la compétitivité figurent parmi les grands défis de la filière. Les variétés recherchées doivent s’adapter à des conditions pédoclimatiques en évolution et contribuer à maintenir des rendements plus réguliers malgré les aléas.
La station réalise plus de 1 500 croisements réussis chaque année. Les outils de sélection assistée par marqueurs moléculaires aident à repérer plus rapidement les variétés porteuses de résistances au mildiou, aux nématodes ou au virus Y. Ces analyses ne remplacent pas les évaluations agronomiques, mais elles permettent de mieux orienter la sélection dès les premières étapes.
Des partenariats pour faire progresser les variétés
La modernisation s’appuie aussi sur des collaborations de longue date. Bretagne Plants souhaite notamment poursuivre son partenariat avec l’Inrae, engagé depuis la fin des années 1960, et compter sur Inov3PT, financé par et pour les producteurs de plants, pour développer des variétés performantes face aux principaux pathogènes.
Dominique Morvan évoque également les TPS, ou « true potato seeds », comme une évolution concurrentielle à laquelle la filière doit répondre. Pour les producteurs bretons, l’objectif est de rester acteurs des changements en misant sur la qualité des plants, la sélection et des solutions adaptées aux besoins des exploitations.
- Augmenter le nombre de semis pour explorer davantage de combinaisons génétiques.
- Repérer plus tôt les résistances grâce aux marqueurs moléculaires et aux essais complémentaires.
- Adapter les variétés aux conditions locales pour mieux faire face aux évolutions du climat.
- Renforcer les collaborations entre producteurs, équipes de sélection et organismes de recherche.
Une production végétale ancrée dans l’agriculture bretonne
Au-delà de la station, la nouvelle serre concerne l’ensemble de la filière régionale : des plants plus performants contribuent à sécuriser les cultures et à soutenir la production locale. La maîtrise de l’eau constitue également un sujet majeur pour la pomme de terre, notamment lorsque les périodes sèches se multiplient. Des pistes pratiques sur la gestion de l’eau dans les cultures peuvent nourrir la réflexion sur l’adaptation des pratiques agricoles.
Dans cette perspective, l’horticulture et la culture de plants mobilisent des savoir-faire complémentaires : conduite des cultures, suivi sanitaire, sélection et évaluation des récoltes. Les nouvelles installations de Kerloï donnent à ces compétences un outil plus spacieux et mieux équipé, au service de l’innovation agricole bretonne.
La station travaille enfin à préserver son autonomie de production et à répondre aux attentes des producteurs sur le long terme. Les enjeux d’irrigation et de gestion des ressources concernent aussi les exploitations de la région ; cette ressource sur les solutions de gestion de l’eau en agriculture s’inscrit dans cette réflexion sur des pratiques plus adaptées aux contraintes climatiques.
Où se trouve la nouvelle serre de Bretagne Plants Innovation ?
Elle est située à la station de création variétale de Kerloï, à Ploudaniel, dans le Finistère.
Quelle est la capacité annuelle de semis de la nouvelle serre ?
La serre peut accueillir jusqu’à 100 000 semis par an, contre 65 000 dans les installations précédentes.
À quoi servent les nouveaux équipements de sélection ?
L’automatisation de l’irrigation, de la fertilisation et des traitements facilite la conduite des plants. Le laboratoire et le local de préparation permettent aussi d’évaluer les hybrides et de préparer les croisements.
Quels caractères sont recherchés dans les futures variétés de pomme de terre ?
La sélection vise notamment des résistances au mildiou, aux nématodes et au virus Y, ainsi qu’une meilleure adaptation aux conditions climatiques et agronomiques.