Et si les administrations commençaient par exposer leurs besoins plutôt que d’attendre que les entreprises leur présentent leurs nouveautés ? C’est le principe d’AGIR, les Rencontres imaginées par la gendarmerie pour rapprocher les acteurs publics des PME, des start-up et des laboratoires. Après plusieurs rendez-vous nationaux à Paris, cette démarche se décline en Occitanie, avec une étape annoncée à Balma le 15 octobre 2026. L’objectif : faire connaître les attentes du terrain et permettre aux entreprises régionales de proposer des réponses concrètes.
Ce format déplace le point de départ de l’innovation : au lieu de chercher un usage à une technologie déjà conçue, les participants partent d’un problème opérationnel. En 2024, les rencontres nationales avaient réuni environ 600 entreprises ; entre 50 et 100 d’entre elles avaient ensuite été recontactées par des administrations. Ces chiffres donnent la mesure de l’intérêt suscité par le dispositif, sans préjuger des résultats de l’étape occitane. Pour les services publics, AGIR ouvre un espace de dialogue, de prospective et d’expérimentation ; pour les entreprises, il rend plus lisibles les besoins de l’administration publique et les possibilités de coopération.
Sommaire
ToggleAGIR : partir des besoins pour accélérer l’innovation publique
À l’origine du dispositif, un constat formulé en 2020 par le colonel Mikael Petit : dans les salons professionnels, les industriels présentaient parfois des outils qui ne répondaient pas précisément aux attentes des administrations. L’idée a donc été de créer un « salon du besoin », où les services exposent leurs enjeux avant que les entreprises n’imaginent les solutions.
Les échanges prennent notamment la forme de rendez-vous courts, d’environ quinze minutes, entre responsables de programme et représentants d’entreprises. Ce format permet de clarifier une demande, d’en vérifier les contraintes et d’identifier les compétences susceptibles d’y répondre. La modernisation de l’action publique ne se résume ainsi pas à l’achat d’un nouvel outil : elle commence par une définition partagée du problème.
Des besoins précis, de l’urgence à la prospective
Les sujets présentés peuvent viser des réponses à court terme comme ouvrir des pistes à cinq ans. La lutte antidrones illustre cette diversité : un responsable peut exprimer des attentes détaillées en matière de détection, d’identification ou de neutralisation, tout en laissant aux entreprises une marge pour concevoir avec les équipes publiques la solution adaptée.
Cette collaboration en amont peut faire évoluer l’idée initiale, voire conduire à construire un outil avec son futur utilisateur. Une jeune entreprise spécialisée en capteurs, par exemple, pourrait confronter ses capacités aux contraintes d’un service de terrain avant d’engager un développement coûteux. AGIR fait du besoin opérationnel le point de départ de l’innovation, plutôt que la technologie une réponse imposée.
Une administration publique plus accessible aux PME et aux start-up
Les grands groupes disposent souvent d’équipes habituées aux marchés publics et aux relations institutionnelles. Les petites structures, elles, peuvent manquer de contacts pour comprendre les attentes des administrations ou repérer les bons interlocuteurs. AGIR entend réduire cet écart en rendant les besoins accessibles à l’ensemble des entreprises, sous réserve des informations protégées par le secret.
Cette ouverture compte aussi pour la transformation numérique et la sécurité : une réponse pertinente peut venir d’une structure encore peu connue des acheteurs publics. Le dialogue permet aux administrations de repérer ces compétences, tandis que les jeunes pousses peuvent mieux cerner les contraintes d’usage, de déploiement et de fiabilité. Pour approfondir les enjeux de l’achat public auprès des PME innovantes, le sujet mérite d’être envisagé comme un levier de modernisation autant que comme une procédure.
Un format qui dépasse le seul périmètre de la gendarmerie
Lancé à Paris en 2021, AGIR a progressivement accueilli d’autres acteurs publics : police, Sécurité civile, ministères et collectivités territoriales. Cette diversité favorise le partage de problématiques communes, tout en laissant à chaque administration la possibilité de formuler ses propres besoins.
La coopération entre jeunes entreprises et acteurs publics peut aussi aider à passer de l’échange d’idées à des tests concrets. Elle rejoint les enjeux évoqués dans cet article sur la collaboration entre entreprises et start-up : associer des compétences complémentaires dès la conception permet de mieux ajuster les solutions aux réalités de terrain.
Pourquoi organiser les Rencontres AGIR en Occitanie en 2026 ?
Déployer le rendez-vous en région permet de mobiliser des entreprises qui ne se déplacent pas toujours à Paris et de rapprocher les administrations des compétences locales. L’Occitanie réunit des territoires aux réalités contrastées : les besoins d’une commune littorale, d’une collectivité pyrénéenne et d’une métropole comme Toulouse ne se recouvrent pas nécessairement.
Pour illustrer l’enjeu, imaginons une petite commune qui cherche à mieux anticiper des incidents sur son réseau routier. En présentant le problème à des entreprises régionales, elle peut découvrir des compétences en analyse de données ou en capteurs sans avoir à définir seule, dès le départ, la technologie à acheter. L’innovation de proximité rend la rencontre entre besoins publics et savoir-faire locaux plus directe.
| Repère | Ce qu’il indique | Intérêt pour les participants |
|---|---|---|
| 2021 | Lancement des Rencontres AGIR à Paris | Poser un cadre de dialogue entre administrations et entreprises |
| 2024 | Environ 600 entreprises aux rencontres nationales ; 50 à 100 recontactées ensuite | Mesurer l’ampleur des échanges et les suites possibles |
| 15 octobre 2026 | Étape régionale annoncée à Balma, en Occitanie | Faire émerger des réponses en lien avec les besoins du territoire |
| De six mois à cinq ans | Horizon possible des besoins exprimés | Relier réponses immédiates et prospective |
De la rencontre à l’expérimentation
Un échange ne garantit pas à lui seul la mise en œuvre d’une solution. Il peut toutefois permettre de préciser un besoin, de rapprocher les bons interlocuteurs et d’identifier une piste à tester. Cette étape est essentielle pour éviter qu’une innovation prometteuse reste éloignée des usages réels des services publics.
Les administrations peuvent ainsi confronter une proposition aux contraintes opérationnelles, tandis que les entreprises affinent leur réponse avec les futurs utilisateurs. À terme, cette méthode peut soutenir la souveraineté et l’efficacité de l’action publique : mieux formuler la demande, c’est augmenter les chances de faire émerger une solution utile et durable.
Les priorités concrètes des rencontres AGIR
Pour les participants, l’intérêt du rendez-vous tient à la possibilité de passer rapidement de l’échange général à des enjeux identifiables. Les discussions peuvent notamment porter sur :
- La sécurité : exprimer les besoins des équipes de terrain, comme la détection et la réponse aux risques liés aux drones.
- La transformation numérique : repérer des outils capables de simplifier le travail des agents ou d’améliorer la circulation de l’information.
- La modernisation des services publics : concevoir des réponses adaptées aux contraintes d’usage, de budget et de déploiement.
- La prospective : partager des enjeux qui nécessitent plusieurs années de recherche et de développement.
- L’expérimentation : identifier des pistes à tester avant d’envisager leur généralisation.
Ces axes rappellent qu’un salon du besoin ne se limite pas à mettre en relation acheteurs et fournisseurs. Il crée un espace où les administrations peuvent rendre leurs attentes compréhensibles et où des entreprises de toutes tailles peuvent contribuer à façonner les réponses de demain.
Qu’est-ce que les Rencontres AGIR ?
AGIR est un rendez-vous conçu par la Gendarmerie nationale pour rapprocher administrations et entreprises. Les acteurs publics y présentent leurs besoins afin de faire émerger des solutions adaptées.
Où et quand se déroule l’étape AGIR en Occitanie ?
L’étape occitane est annoncée à Balma le 15 octobre 2026. Elle vise à rapprocher les besoins des collectivités et administrations régionales des compétences locales.
Les PME et les start-up peuvent-elles participer ?
Le dispositif vise notamment à ouvrir les besoins publics aux entreprises de toutes tailles, sous réserve des informations protégées par le secret. Les modalités de participation dépendent de l’organisation de chaque édition.
Quels sujets peuvent être abordés lors d’AGIR ?
Les échanges peuvent concerner la sécurité, les outils numériques, la modernisation des services publics ou des besoins de prospective. Les sujets sont formulés par les administrations participantes.