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EN BREF
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Dans un projet ambitieux, Amazon s’associe à la start-up Fable pour tenter de restituer un chef-d’œuvre perdu d’Orson Welles. En utilisant des technologies d’intelligence artificielle, l’équipe projet vise à recréer les 43 minutes manquantes du film La Splendeur des Amberson, qui ont été supprimées lors de sa première sortie en 1942. Ce projet soulève à la fois des espoirs et des défis, notamment en ce qui concerne les droits d’auteur et l’authenticité de l’œuvre.
Sommaire
ToggleLa genèse du projet
C’est en 1942 que le film La Splendeur des Amberson a été présenté au public, bien qu’il ait été considérablement modifié par ses producteurs. Orson Welles, le réalisateur, avait conçu une version du film d’une durée de 2h11, mais les exigences des producteurs ont conduit à une version raccourcie de seulement 1h28. Tragiquement, les 43 minutes décisives furent perdues, les rushes ayant été brûlés par la société de production RKO.
Les nouvelles technologies au service du cinéma
La start-up Fable a annoncé son intention de tirer parti de l’IA et des techniques cinématographiques d’époque pour recréer ces séquences manquantes. Brian Rose, un réalisateur expérimenté, collabore avec l’équipe de Fable pour utiliser des acteurs contemporains afin de reconstituer les scènes perdues, en superposant les visages des acteurs originaux grâce à l’IA. En complément, les décors seront recréés à partir de photos de tournage existantes, permettant ainsi une reconstitution fidèle de l’œuvre originale.
Les défis juridiques à surmonter
Bien que le soutien d’Amazon pour le projet soit essentiel, il se heurte à des complications légales. Les droits d’Orson Welles sont répartis entre plusieurs sociétés, dont Warner Bros. Discovery et Concord, qui n’ont pas encore donné leur accord pour cette initiative. Ce facteur pose des questions sur la viabilité de certains aspects du projet.
Réactions à ce projet
Edward Saatchi, le PDG de Fable, a clarifié que l’objectif n’est pas de commercialiser les 43 minutes reconstituées, mais de faire revivre l’œuvre d’Orson Welles après 80 ans. Cela a suscité des réactions mitigées, y compris des critiques de la part de Beatrice Welles, la fille du réalisateur, qui s’est déclarée « en colère et dégoûtée » par cette entreprise. Elle souligne l’importance de respecter l’héritage de son père et le caractère unique de ses créations.
L’avenir du cinéma à l’ère de l’IA
Ce projet fait partie d’une tendance plus large dans l’industrie cinématographique, où l’intelligence artificielle est de plus en plus exploitée pour redonner vie à des œuvres perdues ou incomplètes. À mesure que les technologies avancent, la frontière entre création artistique et technologie continue de devenir floue, ouvrant de nouvelles perspectives pour le monde du cinéma.
