Intelligence artificielle : le Secrétaire général de l’ONU plaide pour une gouvernance mondiale afin de garantir la sécurité et l’éthique

EN BREF

  • Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, appelle à une gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle.
  • La rapidité de l’évolution de l’IA dépasse celle des institutions chargées de la contrôler.
  • Identification de trois risques majeurs : rapide développement, concentration des pouvoirs et menaces sur l’intégrité de l’information.
  • Appel à une action collective pour façonner l’avenir de l’IA plutôt que de subir ses impacts.
  • Propositions de gouvernance basées sur sécurité, droits humains, capacités des pays en développement et transparence.
  • Engagement pour la sécurité des enfants face à l’IA, avec des tests obligatoires avant déploiement.
  • Création d’un Fonds mondial pour l’IA pour soutenir les pays en développement.
  • Appel à une utilisation éthique de l’IA, y compris contre les systèmes d’armes létales autonomes.
  • Importance d’agir pour que l’IA soit sûre, équitable, accessible et éthique.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a lancé un appel fort à la communauté internationale pour établir une gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle (IA) organisée et réfléchie. Son discours, prononcé lors du premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA à Genève, met en lumière les risques associés à l’évolution rapide de ces technologies. À travers plusieurs recommandations, il souligne l’importance de baliser le développement de l’IA pour en assurer la sécurité, la transparence et le respect des droits humains.

Les enjeux de la gouvernance de l’intelligence artificielle

Antonio Guterres a affirmé que la question actuelle n’est pas simplement de faire confiance à l’IA ou de la craindre, mais plutôt de choisir entre une gouvernance proactive et une dérive incontrôlée. Selon lui, les institutions contemporaines ne sont pas en mesure de réguler des systèmes qui prennent des décisions de manière autonome. Il a averti que les systèmes d’IA évoluent à une vitesse telle qu’ils dépassent le rythme d’adaptation des réglementations en place, ce qui pourrait avoir de graves conséquences pour l’humanité.

Les risques associés à l’IA

Le secrétaire général a identifié trois risques majeurs liés à l’IA : la rapidité de son développement, la concentration des capacités au sein de quelques entreprises et pays, et les menaces que représentent les contenus générés par l’IA sur l’intégrité de l’information. Ces enjeux nécessitent une coordination entre les États membres et la société civile pour que les bénéfices de cette technologie ne se traduisent pas par des dérives.

Les priorités pour une gouvernance efficace

Pour garantir une utilisation responsable de l’IA, Antonio Guterres a proposé quatre priorités : la sécurité, le respect des droits humains, le soutien aux pays en développement et la transparence. Il a également mis en avant la nécessité de protéger les enfants en introduisant des mesures de sécurité avant le déploiement de systèmes d’IA accessibles à la jeunesse, ainsi que de garantir un accompagnement humain pour les enfants en difficulté.

Renforcer les capacités des pays en développement

Le secrétaire général a insisté sur la nécessité de ne pas laisser la fracture numérique se transformer en une fracture de l’IA. Dans cet objectif, il a planifié de soumettre des propositions à l’Assemblée générale pour la création d’un Fonds mondial dédié à l’intelligence artificielle, qui viserait à améliorer les capacités des pays en développement. Cette initiative est essentielle pour s’assurer que tous les pays puissent profiter des avancées technologiques.

La nécessité d’une éthique dans le développement de l’IA

Antonio Guterres a aussi souligné que la transformation technologique doit se faire dans le respect de la dignité humaine et du développement durable. Il a appelé à une collaboration des gouvernements, des entreprises et des chercheurs pour qu’ensemble, ils façonnent un avenir où l’IA sera utilisée de manière sûre, équitable et éthique. Il a également dénoncé l’utilisation militaire des systèmes d’IA, en particulier les armes autonomes, qu’il a qualifiées de moralement et politiquement inacceptables.

Appel aux entreprises et à la transparence environnementale

À l’occasion de ce dialogue, le secrétaire général a exhorté les grandes entreprises technologiques à clarifier l’empreinte environnementale associée à leurs systèmes et à se diriger vers l’utilisation d’énergies renouvelables. Ces mesures sont cruciales dans un contexte où le développement de l’IA doit également prendre en compte son impact sur le développement durable.

Dans cette optique, les discussions se poursuivront à Genève avec le sommet “AI for Good”, qui vise à explorer comment l’intelligence artificielle peut servir au profit du développement humain. La nécessité d’une gouvernance réfléchie et structurée se fait ainsi d’autant plus pressante pour guider l’humanité au travers des défis inédits posés par ces technologies émergentes.

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